Harcèlement, début de sexualité et consentement

Je viens de voir une énième vidéo sur du harcèlement scolaire. En effet, le 22 août l’adaptation animé du manga A Silent Voice sort au cinéma en France. Dans le manga de 7 tomes, Shoya harcèle avec ses camarades la nouvelle de l’école, Shoko, jeune fille sourde. Après cette période de harcèlement et quand il se rend compte qu’il est allé trop loin et que Shoko était d’ailleurs gentille envers lui, il décide d’apprendre la langue des signes et de se lier d’amitié avec elle.

Personnellement, quand j’étais à l’école primaire et au collège, j’ai été victime de harcèlement, de grossophobie et de sexisme, à l’école et en dehors de l’école. Quand je lis ou écoute des témoignages de harcèlement, je me dis toujours que ce que j’ai vécu est peu important superficiel. Je n’arrive pas à savoir si j’ai toujours donné mon consentement sur des actes d’ordre sexuel, si j’ai provoqué. J’ai facilement occulté ses souvenirs car je trouve que je suis une personne heureuse et dans sa peau aujourd’hui.

CC BY 2.0 Surprised ? More or Less -Orin ZEBEST

Mes parents se sont séparés quand j’étais à l’école primaire, ma mère a gardé la maison et mon père a rapidement trouvé un appart en HLM dans le village dans lequel habitait Maman pour rester proche de mes frères et sœur et moi. A l’école on m’insultait tous les jours de « vache espagnole » (à cause de mon poids et de ma poitrine plus volumineuse que les autres) ou autres surnoms peu réjouissants. J’étais une fillette et une ado timide qui se questionnait beaucoup. Au collège il y a les chefs de groupes, qui mènent et s’ils ne te parlent plus, ça peut être la fin de ta vie sociale (Article Sale Gosse). Chez mon père, avec les autres enfants et ados, on « jouait » à action ou vérité dans les caves. Et les actions à partir de 10 ans allait de « faire un bisou » à « faire une fellation », je ne me questionnai pas sur ce que c’était, sur ce que ça impliquait et personne n’avait l’air de trouver ça anormal.

Je me souviens d’un jour chez mon père (je ne m’en souviens pas vraiment, je l’avais noté dans mon journal intime de l’époque). J’avais 12 ans, un garçon plus âgé du quartier était à la maison. Nous étions sur le canapé, la couverture sur les genoux, nous regardions la télévision, il a pris ma main et l’a mis sur son sexe sous ses vêtements. Il bandait. Dans mon journal, à 12 ans, j’avais écrit « il a posé ma main sur sa grosse bite bien dure ». En relisant ça adulte, j’ai été choquée de mes propos, j’étais une enfant. Lui un ado.

J’ai eu mes premières relations sexuelles avec un adulte quand j’avais 15 ans, il avait 31 ans et je l’avais rencontré via son blog sur internet. A l’époque je n’avais pas trouvé ça choquant à part ma fugue (ok ok c’est pas bien de partir de chez ses parents), et les adultes autour de moi m’ont beaucoup puni et grondé. C’était du safe sex, on portait des préservatifs. Le mec a été doux et respectueux et c’est encore aujourd’hui un grand ami et sûrement un de mes plus anciens amis. Ayant aujourd’hui 28 ans, ça ne me viendrait même pas à l’idée d’avoir des rapports avec une personne mineure

Il y a eu des moments quand j’étais ado, dans mon village où des garçons me suivaient, me demandaient des faveurs sexuelles de la fellation à carrément coucher avec eux, parfois je refusais et je rentrais chez moi, parfois ils insistaient tellement que j’acceptais en me disant que comme ça après ils me ficherait la paix.

Je suis féministe, je lutte contre toutes les formes de discriminations et mon projet professionnel vise à protéger les enfants pour qu’ils aient un cadre de vie bienveillants. Mes parents, même séparés, ont eu une éducation aimante avec nous 4.

Je suis heureuse, je vis comme je l’entends. En tant qu’adulte aujourd’hui, je trouve que certaines de ses histoires sont dérangeantes. Mes parents étaient ouverts mais l’éducation au consentement il ne me semble pas en avoir eu

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